ABSTRACTS
Jean-Marc CHADELAT
Coriolan ou les trois péchés du guerrier
Cahiers élisabéthains, No. 59 (April 2001), pp. 59-75
INDEX TERMS
1) Structuralism 2) Trifunctionalism 3) Religion
4) War 5) Production 6) Autonomy
7) Perversion 8) Society 9) Violence
Neither the pride of the eponymous character of this Shakespeare play nor the struggle for power are sufficient motives which dispel the strangeness and account for the ambivalence of such a profane, omniviolent tragedy. A structuralist reading of the text shows that Caius Martius is the functional type of the warrior whose excessiveness is antisocial rather than a true tragic hero whose fate is adverse. The protagonist sins against the three ideological functions (religious, military and productive) in the name of a form of autonomy which is both suicidal and totalitarian because it is exclusive. As an unyielding warrior for whom war is the only policy, Caius Martius is blind to the prosperity of peace as well as to the legal and sacred foundations of the City. His hatred of the plebeians thus appears as the expression of his absolute vocation in the same way as the submission to his mother is the symbol of the restoration of his perverted function. The bloody neutralization of which he is the victim finally confirms the social and political cohesion of Rome within the explicit framework of the trifunctional ideal rather than it solves an intimate conflict of duty. Coriolanus is a play about the violence of State, which is sometimes necessary, but it is also the play of violence within the State, which is always unproductive.
(JMC)
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Cahiers élisabéthains, No. 59 (avril 2001), pp. 59-75
MOTS-CLÉS POUR INDEXATION
1) Structuralisme 2) Trifonctionalité 3) Religion
4) Guerre 5) Production 6) Autonomie
7) Perversion 8) Société 9) Violence
Ni lorgueil du personnage éponyme de cette pièce de Shakespeare ni la lutte pour le pouvoir ne sont des mobiles qui dissipent létrangeté et réduisent lambivalence de cette tragédie profane et omniviolente. Une lecture structuraliste du texte permet de montrer que Caius Martius est le type fonctionnel du guerrier dont la démesure est asociale plutôt quun véritable héros tragique dont le destin est contraire. Le protagoniste pèche contre les trois fonctions idéologiques (religieuse, militaire et productive) au nom dune autonomie suicidaire et totalitaire car exclusive. Guerrier inflexible pour qui la guerre est la seule politique, Caius Martius est aveugle à la prospérité de la paix comme aux fondements juridiques et sacrés de la Cité. La haine quil voue à la plèbe apparaît ainsi comme la figure de sa vocation absolue de même que la soumission à sa mère nest que le symbole de la réintégration de sa fonction pervertie. La neutralisation sanglante dont il est la victime scelle enfin la cohésion sociale et politique de Rome dans le cadre explicite de lidéal trifonctionnel plutôt quelle ne résout un conflit intime du devoir. Pièce de la violence dÉtat parfois nécessaire, Coriolan est aussi la pièce de la violence dans lÉtat qui, elle, est toujours stérile. (JMC)
(CE)
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Cahiers élisabéthains, No. 59 (avril 2001), pp. 45-58
MOTS CLÉS POUR INDEXATION
1) Spectrologie 2) Théâtre 3) Shakespeare
4) Hamlet 5) Magie 6) Mélancolie
Les spectres peuvent-ils être soumis à des affections corporelles? Leurs souffrances diffèrent-elles des maladies de lâme? Telles sont les questions posées par cet article et illustrées essentiellement à travers le cas du roi Hamlet, dans ses apparitions successives aux soldats de la garnision dElseneur, puis à son fils. La réponse envisagée est que le spectre doit être associé à la théorie du pneuma, idée renaissante venue originellement dAristote, transmise avec des explications supplémentaires par les Arabes, et retenue par les traités de spectrologie. Il sagit dune tierce substance, entre le corps et lâme, lenveloppe astrale dont se revêt lâme lors de son installation cosmique dans un corps matériel.
(C-GD)
Sit You Down Huswife and Fall to Your Needle: A Woman's Authority in Lodge's Rosalynde
Cahiers élisabéthains, No. 59 (April 2001), pp. 27-43
INDEX TERMS
1) Rhetoric 2) Pastoral 3) Lodge, Thomas
4) Rosalynde 5) Jordan, Contance 6) Women
7) Power 8) Authority
According to Constance Jordan in a 1998 review article, power does not necessarily imply the ability to carry out or initiate policy, while authority does. Women, she claims, most certainly did have power during the Renaissance, but they did not have authority. This important distinction is useful to re-empower female voices, without losing sight of the equally real constraints posed by a patriarchal society. Thomas Lodges Rosalynde (1590), a text with two female protagonists and enjoying a strong popularity during its day, may be the benchmark to measure this distinction between power and authority. I am interested to see, first, how the distinction might be related to genre: did women have only power in some fictional sites while demonstrating legitimate authority in others; and, second, to explore how the genre used might lessen the threat to establishment that such a fantasy of authority might pose. I will look specifically at the intersection of the romance and pastoral genres. As a form of literature, romance has seldom been held in high esteem. Its dismissal can be double-edged: while defying it as trivial, critics, in the same act, acknowledge its power. It is, as I see it, the most capable of creating a social fantasy of female authority. Besides, Lodges Rosalynde, is not just a romance, but a pastoral. The conventions of the pastoral ideally lend themselves to the creation of a social fantasy. The radical element of Lodges literary vision is his insistence that gender may not be a true indicator of intelligence or ability, that womens voices have potential beyond the ability to plead. Lodge creates a model of a woman whose voice has both power and authority. (CRE)
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Cahiers élisabéthains, No. 59, (avril 2001) pp. 27-43
MOTS-CLÉS POUR INDEXATION
1) Rhétorique 2) Pastorale 3) Lodge, Thomas
4) Rosalynde 5) Jordan, Contance 6) Femmes
7) Pouvoir 8) Authorité
Selon Constance Jordan, dans un compte rendu de 1998, le pouvoir nimplique pas nécessairement la possibilité daccomplir un projet ou den jeter les bases, alors que cest le cas de lautorité. Les femmes, à la Renaissance, soutient-elle, possédaient certes du pouvoir, mais non de lautorité. Cette importante distinction peut servir à rendre de la puissance aux voix féminines, à obliger le lecteur à reconnaître la réalité de leur pouvoir, sans perdre de vue les contraintes non moins réelles imposées par une société patriarcale. Rosalynde (1590), de Thomas Lodge, uvre comportant deux héroïnes, et fort populaire en son temps, peut constituer le texte idéal pour tester cette distinction entre pouvoir et autorité. Cette distinction peut dabord être mise en rapport avec le genre: les femmes possédaient-elles seulement du pouvoir dans certains contextes fictionnels, tout en faisant preuve dautorité légitime dans dautres? Jentends ensuite examiner dans quelle mesure le genre littéraire employé pouvait atténuer la menace quune telle autorité imaginaire représentait peut-être pour lestablishment. Je considérerai particulièrement le croisement entre les genres romanesque et pastoral. En tant que forme littéraire, la fiction romanesque a rarement été tenue en haute estime. La considérer comme négligeable peut se révéler à double tranchant: tout en la rejetant comme insignifiante, les critiques, par là-même, reconnaissent son pouvoir. Selon moi, cest elle qui peut le mieux créer un imaginaire social de lautorité féminine. En outre, la Rosalynde de Lodge nest pas seulement un roman, mais aussi une pastorale. Les conventions de la pastorale peuvent seules permettre à lauteur de créer une société imaginaire. Lélément radical de la vision littéraire de Lodge consiste à souligner que le sexe nest pas un indice fiable dintelligence ou de capacité, et que les possibilités des voix féminines dépassent laptitude à supplier. Lodge crée un modèle, celui dune femme dont la voix possède à la fois pouvoir et autorité. (CE)
Carl James GRINDLEY
The Story of King Lear in John Hardyngs Chronicle
Cahiers élisabéthains, No. 59 (April 2001), pp. 77-80
INDEX TERMS
1) Sources 2) King Lear 3) Hardyng, John
4) Analogues 5) Chronicle 6) Shakespeare
7) M/S Hunterian 400
John Hardyngs Chronicle contains a version of the King Lear story which has gone unnoticed by Shakespeare scholars. Although Hardyng wrote his Chronicle in the mid-fifteenth century, no critical or scholarly edition exists. There are eleven extant manuscripts of the Chronicle. One excellent and very early manuscript of the Chronicle is University of Glasgow manuscript Hunterian 400. The King Lear story occupies seventy lines in Hunterian 400, and the rest of the article presents the text in a diplomatic transcription.
(CJG)
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Cahiers élisabéthains, No. 59, (avril 2001) pp. 77-80
MOTS-CLES POUR INDEXATION
1) Sources 2) King Lear 3) Hardyng, John
4) Analogues 5) Chronique 6) Shakespeare
7) M/S Hunterian 400
La Chronique de John Hardyng contient une version de lhistoire du roi Lear qui a échappé à lattention des spécialistes de Shakespeare. Bien que Hardyng ait écrit sa Chronique au milieu du XVe siècle, il nen existe aucune édition critique ou savante. Onze manuscrits de cette Chronique subsistent aujourdhui. Le Hunterian 400 de lUniversité de Glasgow est un exemplaire manuscrit excellent et très ancien. Lhistoire du roi Lear en occupe soixante-dix lignes. Le reste de larticle présente le texte dans une transcription exacte.
(CE)
The Englishness of The Merry Wives of Windsor
Cahiers élisabéthains, No. 59 (April 2001), pp. 9-25
INDEX TERMS
1) Comedy 2) Shakespeare 3) Prose
4) Folklore 5) Nationalism 6) Society
7) Pretensions 8) Chivalry 9) Welshmen
Shakespeares Merry Wives is not simply a farce about Falstaff, but a broader comedy of pretensions, social and linguistic. Prose, which predominates, serves to highlight mannerisms of speech, and Shakespeare satirises excesses in the new-found linguistic nationalism of his day (which also features in his Histories).He draws on folklore, or simulated folklore, for his farce, notably in the climax beside Hernes (fictitious) oak, where the ceremony of the pretended fairies for the Order of the Garter turns into a charivari. But also the Garter motto, Honi soit qui mal y pense, applies to sex relations, to Fords jealousy as well as Falstaffs scheming. Further, the association between bourgeois Windsor and the chivalric Order affects most of the men, who pretend to aristocratic aggressiveness while their marriage plans are mercenary and their machismo largely bluster. And an equivalent self-contradiction extends across the use of English. Evans is a pedant who blunders repeatedly. Meanwhile, like Falstaff, the clownish English-born characters mock the speech of the Welsh pedant and the French doctor, although their own diction is variously malapropistic, exotic or absurd. And even Falstaffs superior command of English is humbled at the end. (LS)
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Cahiers élisabéthains, No. 59, (avril 2001) pp. 9-25
MOTS-CLES POUR INDEXATION
1) Comédie 2) Shakespeare 3) Prose
4) Folklore 5) Nationalisme 6) Société
7) Prétensions 8) Chevalerie 9) les Gallois
Les Joyeuses Commères de Shakespeare ne se réduit pas à une farce sur Falstaff: cest plus largement une comédie des prétentions sociales et linguistiques. La prose, qui prédomine, sert à mettre en relief les maniérismes du discours, et Shakespeare soumet à la satire les excès du tout nouveau nationalisme linguistique de son temps (que lon retrouve dans ses drames historiques). Pour composer sa farce, il puise dans le folklore, ou un folklore simulé, notamment pour la grande scène auprès de chêne de Herne, où la cérémonie des prétendues fées en lhonneur de lOrdre de la Jarretière tourne au charivari. Mais la devise de la Jarretière, Honi soit qui mal y pense, sapplique aussi aux relations entre les sexes, à la jalousie de Ford comme aux intrigues de Falstaff. En outre, lassociation de la bourgeoisie de Windsor avec lordre de chevalerie affecte la plupart des hommes, qui prétendent à laudace aristocratique, alors que leurs projets de mariage sont intéressés et que leur machisme nest guère que fanfaronnade. Une contradiction interne équivalente sétend à lusage de langlais. Evans est un pédant qui multiplie les fautes, tandis que, tout comme Falstaff, les personnages de bouffons anglais se gaussent des discours du pédant gallois et du docteur français, bien que leur propre langage soit tour à tour erroné, incongru ou absurde. A la fin, même la maîtrise de langlais de Falstaff se trouve rabaissée.
(CE)
Charlotte K. SPIVACK
Self As Subject in the Morality Drama
Cahiers élisabéthains, No. 59 (April 2001), pp. 1-8
INDEX TERMS
1. Self 2. Subjectivity 3. Morality (Drama)
4. Allegory 5. Individualisation 6. Self-awareness
7 Self-knowledge 8. Introspection 9. Textual analysis
The traditional, accepted definitions of the medieval morality plays, which emphasize their allegorical structure and their overt didacticism, have tended to make them seem very dull to anyone unfamiliar with them. Also some contemporary critics have maintained that the hero in a morality play has no subjectivity. A close reading of the moralities, however, reveals that they are decidedly not dull and that the characters, particularly the heroes, do indeed have subjectivity. Relevant examples include some very early plays, such as The Castle of Perseverance and Mankind, and many more, written shortly after 1500. Medieval historians of private life have noted an increase in self-awareness and individuality at this time. Characters with allegorical names are not at all abstract but often very concrete representations of human attitudes and feelings, expressed in precise visual and verbal images. The leading character in Youth, for example, is highly individualized, and in Mundus et Infans the hero matures, showing his growth through shifts in diction. Even the Vices, like Corage in The Tide Tarrieth No Man, is a very individualized crook. Therefore the definition of the morality play should be amended to include that it is the first dramatic genre in English to have a hero who is a subject.
(CS)
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Cahiers Elisabéthains, No. 59 (avril 2001), pp. 1-8
MOTS-CLES POUR INDEXATION
1) Le Moi 2) Subjectivité 3) Moralités
4) Allégorie 5) Individualisation 6) Conscience de soi
7) Connaissance de soi 8) Introspection 9) Analyse de texte
Les définitions traditionnelles de la nature des Moralités du Moyen-Age qui attirent lattention sur leur structure allégorique et leur évidente valeur didactique, les ont souvent fait paraître très ennuyeuses à tous ceux qui ne les connaissaient que de loin. De plus, certains critiques contemporains ont affirmé que dans ces Moralités, le héros est privé de subjectivité. A lire ces pièces avec attention, cependant, on saperçoit quelles ne sont pas ennuyeuses du tout et que leurs personnages, et particulièrement leurs héros sont en fait doués de subjectivité. Ceci est évident dans quelques-unes des pièces les plus anciennes comme The Castle of Perseverance et Mankind, écrites peu de temps après 1500. Les historiens du Moyen-Age qui ont étudié la vie privée de lépoque ont noté un accroîssement du sens de soi-même et de son individualité dans les personnages de cette période. Les personnages portant des noms allégoriques ne sont pas du tout des abstractions, mais bien souvent au contraire des représentations concrètes dattitudes et de sentiments humains exprimés en images précises, visuelles ou verbales. Le personnage principal dans Youth par exemple est très distinctement individualisé, et dans Mundus et Infans le héros évolue vers la maturité, ce qui est démontré par des changements dans sa façon de sexprimer. Même les vices, tel que Corage dans The Tide Tarrieth No Man est un coquin plein dindividualité. En conséquence, la définition des Moralités devrait être modifiée, pour inclure le fait que ces pièces de théâtre représentent le premier genre dramatique en anglais dont le héros soit un vrai sujet.
(CS)
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