A B S T R A C T S


Jean-Louis CLARET/ Pierre SAHEL

Bruegel and King Lear
Cahiers élisabéthains, No. 56 (October, 1999), pp. 13-24


INDEX TERMS

1) Bruegel 2) King Lear 3) death
3) hopelessness 4) Hell 5) indifference.

Shakespeare’s King Lear and Bruegel’s Triumph of Death present terrifying worlds in which no room seems to be left for hope. The characters are disguised and all their dreams and aspirations, all their efforts to keep up the values that may give substance to life prove pointless. The irresistible swirl of death carries away the living and the dead. The skeletons provide a mirror image in which the various protagonists are pitted against their nightmarish counterparts. In The Parable of the Blind a shift occurs since we attend the irretrievable fall of the few characters it represents. The invasion of death gives way to all-encompassing darkness. Man is left groping his way to the void, which cannot fail to remind one of Gloucester’s progress on the moor. Many details from The Fall of Icarus seem to be transferred to King Lear’s scene on the cliff, but the latter is more Edgarian than Shakespearian. The papier mâché of Edgar’s inset drama of moral justice jars with the great stage of fools of the whole play. It is suggested how some of Bruegel’s pictures may have been seen by Shakespeare.

(J-LC & PS)

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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre, 1999), pp. 13-24


MOTS-CLÉS POUR INDEXATION

1) peinture 2) squelettes 3) désespoir 4) Enfer
5) Bruegel 6) Le Roi Lear 7) mort 8) indifférence.

Le Roi Lear de Shakespeare et Le Triomphe de la Mort de Bruegel montrent des mondes terrifiants qui ne laissent aucune place à l’espérance. Les personnages sont costumés et tous leurs rêves, toutes leurs aspirations, tous leurs efforts pour promouvoir les valeurs qui pourraient donner substance à la vie, sont dérisoires. Le tourbillon irrésistible de la mort emporte vivants et trépassés. L’effet de miroir rendu par les squelettes fait s’opposer les différents personnages à leurs doubles cauchemardesques. La Parabole des Aveugles présente une évolution en ce sens que nous assistons à la chute irréversible des quelques personnages représentés. A l’invasion par la mort succède la pénombre. L’homme se retrouve seul dans l’obscurité et il avance à tâtons vers le vide, image qui suggère Gloucester perdu sur la lande. Plus Edgarienne que Shakespearienne, la scène de la falaise du Roi Lear semble être adaptée de La Chute d’Icare. La comédie morale conçue par Edgar jure avec la grande scène de fous de l’ensemble de la tragédie. On suggère comment Shakespeare a pu avoir accès à certaines toiles de Bruegel.

(PS & J-LC)

Lisa HOPKINS

Ladies’ Trials: Women and the Law in Three Plays of John Ford
Cahiers élisabéthains, No. 56 (October, 1999), pp. 49-64

INDEX TERMS

1) Literature 2) Law 3) Textual Analysis
4) Biography (John Ford’s) 5) Legal Context 6) Relationship to other texts

This essay examines the ways in which John Ford represents law and literature in three of his plays, The Witch of Edmonton (on which he collaborated with Dekker and Rowley), The Broken Heart, and The Lady’s Trial, focusing particularly on women. Personally involved with the law, Ford litters his plays with legal terms and motifs. It is also his habitual custom either to inform us of the reading matter of his characters or to encourage us to read them within the frameworks of certain types of literary genres or indeed specific works. We are therefore invited to make a direct comparison between the ways in which law and literature shape people’s lives. I argue that Ford suggests that literature may well exert a more insidious ideological control than law, and that he also shows that the law can, at least in some cases, afford women an arena in which their cases can find fuller and fairer expression.

(LH)

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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre, 1999), pp. 49-64

MOTS CLÉS POUR INDEXATION

1) littérature 2) le droit 3) analyse textuelle
4) biographie (de John Ford) 5) contexte légal 6) intertextualité

Le présent article examine la manière dont John Ford nous présente le rôle du droit et de la littérature dans trois de ses pièces, The Witch of Edmonton (en collaboration avec Dekker et Rowley), The Broken Heart et The Lady's Trial particulièrement concentrées sur les femmes. Lui-même avocat, Ford parsème ses pièces de termes et de motifs empruntés au droit. Il a aussi pour habitude de nous renseigner sur les lectures de ses personnages, ou de nous inciter à lire ses drames dans le cadre de certains genres littéraires, ou en liaison avec des œuvres spécifiques. Nous sommes donc invités à comparer directement les manières dont le droit et la littérature modèlent la vie des personnages. Selon moi, Ford montre que la littérature peut exercer une influence idéologique plus insidieuse que celle du droit, et que celui-ci, du moins dans certains cas, offre aux femmes une arène où elles peuvent présenter une défense plus complète et plus juste de leur cause.

(CE)


David ROBERTS

Shakespeare’s Fellows: Names, Naming and Modern Linguistics
Cahiers élisabéthains
, No. 56 (October, 1999), pp. 1-11

INDEX TERMS
1) Naming 2) Shakespeare 3) Linguistics
4) King Lear 5) Literary Forensics 6) Key Word Analysis

The revival of critical interest in dramatic names and naming which took place in the 1980s and 1990s reflected, in its attention to occult etymology, a suspicion of the notion of the arbitrary sign propounded by modern literary theory. In the eternal dialogue of cratylus and Hermogenes, modern linguistics became allied with the latter, and an historically informed humanism with the former. Such a separation seems unnecessary if one matches the interest shown in collocation by modern lexicogrammarians to the concern among Renaissance theorists with the ‘right relation’ of nouns and adjectives. The noun-adjective tie was a device which Renaissance dramatists adapted for contrasting thematic, psychological and spatial effects. It could be used with proper names and generic or particular substitutes, so representing ‘naming’ as a feature of on-going dramatic interaction rather than as a narrative riddle. One example is in the complex use of the word ‘fellow’ in King Lear. The word has an unusual prominence in the works of Shakespeare (it occurs there many times more often than in the control corpus identified), and in Lear in particular. Its semantic richness—servitude, equality, partnership in crime—is revealed in key scenes and engages ambiguously with the play’s central thematics, while its distintive patterns of collocation offer material for future forensic investigation.

(DR)

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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre, 1999), pp. 1-11

MOTS CLÉS POUR INDEXATION
1) appellation 2) Shakespeare 3) linguistique
4) King Lear 5) linguistique du droit


La renaissance d’un intérêt critique pour les noms et appellations dramatiques qui s’est produite dans les années 1980 et 1990 constitue, par sa référence à l’ étymologie occulte, le reflet d’une suspicion à l’égard de la notion de signe arbitraire proposée par la théorie littéraire. Dans l’éternel dialogue entre Cratyle et Hermogène, dérivé de Platon, la linguistique moderne devint l’alliée de ce dernier, et un humanisme historiquement informé, l’allié du premier. Une telle séparation ne paraît pas nécessaire si on compare l’intérêt pour la collocation témoigné par des grammairiens lexicologues modernes et celui des théoriciens de la Renaissance pour le bon rapport entre les noms et les adjectifs. Le lien entre le nom et l’adjectif fut un moyen que les dramaturges de la Renaissance adaptèrent pour créer des effets thématiques, psychologiques et spatiaux. Ce moyen put être utilisé également avec des noms propres ou avec des substituts particuliers ou génériques, présentant ainsi l’appellation comme caractéristique d’une action réciproque qui perdure, plutôt que comme une énigme narrative. On en voit un exemple dans l’usage du mot ‘fellow’ dans King Lear. Ce mot jouit d’un statut exceptionnel dans les œuvres de Shakespeare (il y paraît beaucoup plus souvent que dans le corpus témoin identifié) et, dans Lear en particulier. Sa richesse sémantique—servitude, égalité, association dans le crime—se révèle dans des scènes significatives et se combine avec ambiguïté aux thématiques de la pièce, tandis que ses groupements distinctifs de collocation fournissent des matériaux pour la linguistique du droit.

(CE)


David R. SHORE

Fired or Just Too Tired? Grounds for Dismissal in Shakespeare’s Sonnet 144
Cahiers élisabéthains, No. 56 (October, 1999), pp. 41-8

INDEX TERMS
1) Shakespeare 2) Sonnets 3) Dark Lady
4) Shakespeare and Boccaccio
7) Sex 5) Textual Criticism 6) Love

In the received reading of Shakespeare’s Sonnet 144, ‘Two loves I have of comfort and despair‘, the verb ‘fire’ in the last line is much more problematic than the tradition of textual commentary acknowledges. If we assume a compositorial error of a line that originally read “Till my bad angel tire my good one out”, the line in fact makes much more sense in context both of the sonnet and of the Dark Lady Sonnets as a whole, as well as in relation to the Boccaccio story of Rustico and Alibech to which the sonnet alludes.

(DRS)


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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre 1999), pp. 41-8

MOTS-CLÉS POUR INDEXATION
1) Shakespeare 2) les sonnets 3) la Dame Brune
4) Shakespeare et Boccace 5) critique textuelle 6) amour
7) Sexe

Dans la lecture généralement admise du Sonnet 144 de Shakespeare, ‘Two loves I have of comfort and despair’, le verbe ‘fire’, au dernier vers, est plus douteux que ne le reconnaît le commentaire textuel traditionnel. Si on suppose une erreur typographique dans un vers originairement libellé: ‘Till my bad angel tire my good one out’, le vers devient beaucoup plus signifiant à la fois dans le contexte de ce sonnet et celui des sonnets sur la Dame Brune en général, de même que pour le rapport avec le conte de Rustico et Alibech, dans Boccace, auquel le sonnet fait référence.

(CE)


Vivian THOMAS

Between the Lines: Exploring the Interstices of the RSC’s 1998/9 Season
Cahiers élisabéthains, No. 56 (October, 1999), pp. 65-80

INDEX TERMS
1) RSC 2) Richard III 3) The Winter’s Tale
4) Troilus and Cressida 5) Elijah Moshinsky 6) Gregory Doran
7) Michael Boyd

This review article, dedicated as it is to the shows of part of a Stratford RSC season, is a new feature of our play-review section. It does not aim to provide alternative reviews of productions already assessed separately. The intention is to offer an overview reflecting company work and choices through a spectrum including Renaissance, as well as non-Renaissance, works.

(CE)

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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre, 1999), pp. 65-80

MOTS-CLÉS POUR INDEXATION
1) RSC 2) Richard III 3) The Winter’s Tale
4) Troilus and Cressida 5) Elijah Moshinsky 6) Gregory Doran
7) Michael Boyd

Cet article, consacré aux mises en scène d’une partie de la saison RSC à Stratford, constitue une nouveauté de notre rubrique ‘Comptes-rendu de pièces’. Elle ne prétend pas répéter les comptes-rendu déjà inclus dans ce numéro. Il s’agit de fournir une vue d’ensemble sur le travail et les choix de la compagnie à partir d’une large séléction de pièces comprenant des œuvres de la Renaissance, aussi bien que des œuvres d’autres périodes.

(CE)


Anne WITTE

Bottom’s Tangled Web: Texts and Textiles in A Midsummer Night’s Dream
Cahiers élisabéthains
, No. 56 (October, 1999), pp. 25-39

Index Terms
1) weaving 2) spinning 3) Shakespeare
4) A Midsummer Night's Dream 5) Bottom 6) Anthropological Readings
7) Elizabethan theatre 8) calendar motifs 9) textiles/texts

The weaving motifs in William Shakespeare’s A Midsummer Night’s Dream reflect a literary process in which the playright fabricates a complex theatrical plot resembling in its multiple layers a spider’s web. Both characters and theatrical complications give structure to the play creating a dreamy universe where the author of texts plays alongside Bottom the weaver as well as the magicians Oberon, Titania and Puck whose magic weaves wedding plans. Allusions to Ovid's myth of the mulberry tree reveal an additional economic sub-plot, notably the dilemma of English weavers encountering foreign competition as a result of increased production of silkworms. These different webs of intrigue entwine text and textile in Shakespeare's rhetoric, semantically combining weaving and wedding and transforming classical mythology into an expression of Elizabethan economic change.

(AW)

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Cahiers élisabéthains, No. 56 (Octobre, 1999), pp. 25-39

Mots-Clés POUR INDEXATION
1) tissage 2) filage 3) Shakespeare
4) Le Songe d'une nuit d'été 5) Bottom 6) lectures anthropologiques
7) théâtre élisabéthain 8) motifs calendaires 9 textiles/textes

Les motifs de tissage dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare révèlent un processus littéraire par lequel l’auteur fabrique un théâtre complexe en forme de toile. Les intrigues multiples ainsi que les divers personnages qui structurent la pièce reflètent ainsi l’univers du Songe où l’auteur de textes se trouve en parallèle avec le créateur de textiles (Bottom le tisserand) et les magiciens Obéron, Titania et Puck dont les quiproquos vont finir par ‘ourdir’ les projets de mariages. L’allusion au mythe du mûrier (Ovide) révèle une intrigue économique, et notamment le drame des tisserands anglais qui souffraient d’une concurrence étrangère due à la productivité croissante des vers à soie. Les différents entrelacs de la pièce rappellent que la création littaéraire est aussi un acte où on traveille le textile. Sous ce rapport, texte et textile sont entrelacés dans la rhétorique shakespearienne dont l’art dans cette pièce consiste à rapprocher les thèmes de weaving et wedding et à ré-écrire la mythologie classique selon le modèle de l’économie élisabéthaine.

(AW)


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