A B S T R A C T S



Charles CRUPI

Subduing Bess Bridges: Ideological Shift in the Two Parts of The Fair Maid of the West
Cahiers élisabéthains, No. 54 (October, 1998), pp. 75-87

INDEX TERMS
1) Criticism, Cultural 2) Criticism, Feminist
3) History, Theatrical 4) Transvestism
5) Class, Social 6) Race
7) Drama, Caroline

Thomas Heywood’s plays, written over a forty-year period for a wide variety of theatrical situations, provide a unique opportunity to examine definitions of ‘authorship’ in early modern drama. The two parts of The Fair Maid of the West are especially interesting in this regard, for, though the plot is continued without interruption, Part II was added some thirty years later. Those thirty years saw radical change in the role of drama in society, and the Fair Maid plays record that change, especially in the representation of gender transgression. In Part I, written around 1600, Bess Bridges’ subversive energies help to destabilize a social order already compromised by ambivalent ideologies of race, class, and national identity. In Part II, however, written for the Caroline court, she becomes the powerless object of others’ desires as clear gender roles and a comfortable faith in centralized royal authority are restored. In the process, Heywood himself disappears, the distinctive authorial voice traditionally ascribed to him no longer audible.

(CC)

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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 75-87
MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION

1) Critique culturelle 2) Critique féministe
3) Histoire du théâtre 4)Travestissement
5) Classes sociales 6) Race
7) Théâtre caroléen

Les pièces de Thomas Heywood, écrites en l espace de quarante ans, et offrant une ample variété de situations dramatiques, fournissent un matériau unique pour définir la notion d’‘auteur’ de théâtre au début de la période moderne. Les deux parties de The Fair Maid of the West sont particulièrement intéressantes à cet égard: en effet, bien que l’intrigue s’y poursuive sans interruption, la seconde partie fut rajoutée quelque trente ans plus tard. Durant ces trente années, le rôle du théâtre dans la société avait changé radicalement, et les deux pièces manifestent cette mutation, spécialement dans la représentation de la transgression du code des sexes. Dans la première partie, composée vers 1600, l’énergie subversive de Bess Bridges tend à déstabiliser un ordre social déjà compromis par des idéologies ambivalentes concernant la race, la classe sociale et l’identité nationale. Alors que, dans la seconde partie, écrite pour la cour de Charles Ier, Bess devient l’objet désarmé des visées d’autrui lorsque sont restaurés les rôles bien définis des sexes, et une confiance rassurante dans l’autorité centrale du pouvoir royal. Au cours de ce processus, Heywood lui-même disparaît, car la voix originale de l’auteur que la tradition lui attribue devient inaudible.

(CE)

Robert FLEISSNER
Serpent Wisdom in Macbeth’s Cup
Cahiers élisabéthains, No. 54 (October, 1998), pp. 89-91

INDEX TERMS
1) Shakespeare 2) Macbeth
3) Symbolism (Religious) 4) Catholic Militancy
5) Criticism (Recent), Analysis of 6) Criticism (of Sources)
7) Spenser 8) Symbolism, Jungian

Macbeth’s allusion to his ‘poisoned’ cup (I.7.11) has been taken as revealing the influence of his sorceress, Lady Macbeth (not merely that of the Weird Sisters), thus recalling the Black Mass. But the ‘chalice’ involved relates rather to the biblical wise serpent image, possibly recalling thereby the attribute of St George (whose official Day in the church calendar is linked with Shakespeare’s birth and death). Such a pro-Catholic association detracts from stress on the Gunpowder Plot connection in the tragedy, one overplayed by Garry Willis in his Witches and Jesuits: Shakespeare’s ‘Macbeth’ (1994), yet it can also have universal significance (the wise reptile also being, for example, in oriental lore). Finally, Fidelia’s serpent cup in Spenser’s Faerie Queene as basically positive, as I have attempted to show elsewhere, provides useful corroboration.

(RF)

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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 89-91
MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION

1) Shakespeare 2) Macbeth
3) Symbolisme religieux 4) Militantisme catholique
5) Critique récente (analyse de la) 6) Critique des sources
7) Spenser 8) Symbolisme jungien

On considère généralement que l’allusion de Macbeth à sa coupe ‘empoisonnée’ (I.7.11.) révèle l’influence de sa sorcière, Lady Macbeth (et non pas seulement celle des Sœurs Fatales), en écho à la messe noire. Mais le ‘calice’ se rapporte plutôt à l’image biblique du serpent emblème de sagesse, comme réminiscence possible de l’attribut de saint Georges (dont la fête dans le calendrier de l’Eglise est associée à la naissance et à la mort de Shakespeare). Pareille référence pro-catholique diminue l’importance du rapport entre la tragédie et la Conspiration des Poudres, sur lequel insiste exagérément Gary Willis dans son étude Witches and Jesuits Shakespeare's ‘Macbeth’ (1994). Mais elle peut aussi revêtir un sens universel (la sagesse du serpent fait, par exemple, partie de la tradition orientale). Enfin, la signification essentiellement positive de la coupe refermant un serpent, dans la Reine des Fées de Spenser, ainsi que je l’ai montré ailleurs, vient utilement étayer cette hypothèse.

(CE)

Josée NUYTS-GIORNAL

King Lear’s Reflection in the Mirror of Nobody: An Iconographical Question
Cahiers élisabéthains, No. 54 (October, 1998), pp. 55-73

INDEX TERMS
1) King Lear 2) Iconography 3) Motif (Iconographical)
4) Conceit 5) World, upside down 6) Mirror
7) Breugel the Elder

A study of the visual motifs and symbols scattered throughout Shakespeare’s metaphorical figures in King Lear suggests a possible relationship with a popular sixteenth-century pictorial type known by the name of Nobody. The set of themes linked to the figure corresponds to important thematic issues in the theatrical text. A comparative study offers some insight into the possible interaction between verbal and visual means of communication. There are then several possibilities regarding interpretation of the main character of the play. The relationship between the popular character and Lear is expressive of a symbolism that partakes of popular and learned culture and shifts from the burlesque vision of the world upside down to a tragic vision of the human condition inspired by Montaigne.

(JNG)


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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 55-73

MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION
1) Le roi Lear 2) Iconographie 3) Motif (Iconographique)
4) Conceit?? 5) Monde, à l’envers 6) Miroir
7) Breugel l’Ancien

Il semble exister des liens entre un personnage populaire, que l’on rencontre dans des gravures tout au long du seizième siècle, et le Roi Lear. Ce personnage est connu sous le nom de Niemant dans une gravure d’après Bruegel l’Ancien, et sous le nom de Nobody en Angleterre. Ces liens se reflètent en premier lieu dans les motifs et symboles, propre à la tradition visuelle du personnage, dont on retrouve l’écho dans les figures métaphoriques de Shakespeare. Il est ensuite possible de déceler une relation plus profonde, ayant trait à une thématique sous-jacente que partagent le texte théâtral et l’héritage idéologique appartenant au personnage graphique. La signification symbolique, qu’exprime cette relation, tient de la vision burlesque du monde à l’envers et d’une vision tragique de l’humaine condition inspirée par Montaigne.

(JNG)

Michael LONG

Transgression and Cultural Taboo: Constructing the Criminal in English Renaissance Rogue Literature
Cahiers élisabéthains, No. 54 (October, 1998), pp. 1-25

INDEX TERMS
1) Rogue Literature 2)Transgression/Crime 3) Pamphlets
4) Anthropomorphic 5) Taboos (cultural) 6) Disease
7) Textual Analysis 8) Idleness 9) English

Representing the criminal in English Renaissance rogue literature was an exercise in defamation. From Robert Copland’s Highway to the Spitalhouse (1536) to Thomas Dekker’s English Villanies (1638), this depiction relied upon exploiting entrenched contemporary cultural taboos as a method of characterising the Renaissance rogue. Indeed the pamphlets are ideal sites to observe the taboos of English Renaissance culture in the light of (1) the fear the criminal element inspired and (2) the invectives criminals generated from Renaissance pamphleteers. ‘Conycatchers’ and other criminal ‘orders’ were given the status of a fraternity, possessed their own language, laws and hierarchies and morally were described as the diametric opposite of all things godly in the state. Taboos such as atheism, treason, idleness, sexual depravity, and, most powerfully, disease were puposely affixed to the rogue. Their criminal presence in therealm signified a diseased state. By invoking an anthropomorphic view of a plagued ‘Commonweale’, the authors of rogue pamphlets trumpet themselves as political surgeons who, through their exposés of criminal activity, ‘anatomize’ the rogue.

(ML)

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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 1-25

MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION
1) Littérature du crime 2)Transgression/Crime 3) Brochures populaires
4) Anthropomorphisme 5) Tabous (culturels) 6) Maladie
7) Analyse textuelle 8) Oisiveté 9) Anglais

La représentation du criminel dans la littérature anglaise de la Renaissance est caractérisée surtout par le ton désapprobateur. L’image du malfaiteur, qu’il s’agisse du Highway to the Spitalhouse (Robert Copland, 1536) ou des English Villanies (1638) de Thomas Dekker, est formée à partir des tabous traditionnels. En fait, les opuscules populaires (des ‘pamphlets’) nous fournissent une documentation précieuse pour l’étude de la marginalisation dans la société anglaise de l’époque: nous y trouvons, (1) la peur provoquée par l’existence des éléments criminels, (2) le mépris à l’égard du criminel dans les ouvrages populaires.
Dans les textes, les ‘conycatchers’ et d’autres catégories de voyous sont présentés sous la forme de confréries ayant leur argot particulier, tout aussi bien qu’un système de lois et de structuration hiérarchisée. Quant aux mœurs, tout s’opposait aux normes de la société, de l’État. En s’appuyant sur la notion de l’homme microcosme de l’État, les auteurs évoquent une nation menacée par la peste, ce qui leur permet de s’ériger en analystes de comportement criminel et de se vanter de leurs prouesses d’anatomiste.

(ML)


Jean-Pierre MAQUERLOT

‘How to Do Things with Words’: Performative Rhetoric in Titus Andronicus
Cahiers élisabéthains
, No. 54 (October, 1998), pp. 45-53

INDEX TERMS
1) Shakespeare 2) Titus Andronicus 3) Mutilation
4) Signs (gestural) 5) Literalization 6) Metadrama

Starting from the not so horrible—because off-stage and wholly ritualist—dismemberment of Alarbus, Queen Tamara’s eldest son, the play proceeds to systematically deploy around the central motif of Lavinia’s mutilated body two equally emphatic forms of rhetoric, the rhetoric of gesture and that of the spoken work. As it relentlessly opposes tongueless and handless Lavinia to the verbal and manual dexterity of the other Andronici, the play demonstrates how visual stimuli—including Lavinia’s gruesone bodily ‘alphabet’—cannot by themselves generate intense tragic feeling unless they are supported by a sustained performative rhetoric consisting of such varied speech-acts as decoding, semantizing, metaphorizing or literalizing the signs. Special attention is given to Marcus’ unjustly discredited tirade of Act II, scene 3. Far from neutralizing phisical horror into an emblematic and decorative picture of abstract suffering, Marcus’ strategy of discourse aims a showing language engaged in the contemplation of its own beauties, thus poignantly enhancing the unspeakable (and unspeaking) horror of Lavinia’s mutilation. Pathetically unable to speak up to Titus’ poetic heights, even less to grasp the futility of words, Marcus needs the medium of canonical ‘literature’ to express his own ‘extremity of grief’. (JPM)

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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 45-53
MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION
1) Shakespeare 2) Titus Andronicus 3) Mutilation
4) Signes (gestuelle) 5) Littéralisation 6) Métadrame

A partir d’un épisode hors scène, totalement ritualisé et donc modérément horrible: le démembrement du corps d’Alarbus, fils aîné de la reine Tamora, la pièce déploie systématiquement et avec la même emphase deux formes de rhétorique qui s’articulent autour du motif central de la mutilation du corps: la rhétorique du geste et celle de la parole. A la faveur du contraste inlassablement poursuivi entre Lavinia à la langue et aux mains coupées et son entourage familial qui, par compensation, redouble de dextérité verbale et manuelle, on mesure combien les stimuli visuels-y compris ceux que procure l’horrible “alphabet” que constitue le corps de Lavinia-ne peuvent à eux seuls susciter un sentiment tragique intense sans le renfort d’une rhétorique performative soutenue dont les actes de parole consistent à décoder, sémantiser, métaphoriser et littéraliser les signes. Injustement décriée, la tirade de Marcus à l’acte II, scène 3 retiendra l’attention. Loin de neutraliser l’horreur physique en un tableau emblématique et décoratif qui ferait de la souffrance une abstraction, le discours de Marcus a pour visée stratégique de représenter le langage dans l’auto-contemplation de ses propres séductions afin de rendre poignante l’horreur indicible et muette de la mutilation de Lavinia. Incapable de s’élever jusqu’aux cimes poétiques où évolue Titus et, encore moins, de prendre conscience de la futilité des mots. Marcus est une figure pathétique en ce que, chez lui, “l’extrémité de la douleur” ne parvient à s’exprimer que sur le mode canonique de la “littérature”.

(JPM)

Andrew STOTT

Faustus’ Signature and the Signatures of Dr Faustus
Cahiers élisabéthains
, No. 54 (October, 1998), pp. 27-43

INDEX TERMS
1) Marlowe, Christopher 2) Dr Faustus 3) Signatures
4) Deconstruction 5) Contract in Blood 6) Authority
7) A- and B- Texts

The idea of the signature is central to Marlowe’s Dr Faustus. With his bloody signature there would be no pact, no dilemma, no conflict, no play. Yet the metaphor of signing goes beyond this central act to inform the very idea of the play both thematically and in raltion to the idea of the play-text itself. Signatures were very rarely dramatized on the early-modern stage. Yet whenever they appear, they almost exclusively imply a problem of validation or reading, an unease with textually mediated authority. This is the case with Faustus, as, rather than securing Faustus’ demonic future, his signaturte opens up a space of doubt in which the nature of authority and validity are questioned. By way of a reading of the representation and practice of signing in early modern-drama, the idea of authority imposing itself on Faustus as a continual process of signature and counter-signature is examined.

(AS)

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Cahiers élisabéthains, No. 54 (Octobre, 1998), pp. 27-43

MOTS-CLÉS POUR L’INDEXATION
1) Marlowe, Christopher 2) Le Dr Faust 3) Signatures
4) Déconstruction 5) Sang (contrat) 6) Autorité
7) Textes A- et B-

La notion de signature est capitale dans le Dr Faustus de Marlowe. En l’absence de cette signature de sang, il n’y aurait ni pacte, ni dilemme, ni conflit, ni pièce. Pourtant la métaphore de la signature dépasse cet acte crucial pour informer la conception même de la pièce, à la fois thématiquement et en rapport avec l'idée même du texte. Les signatures ne faisaient guère l’objet de représentation scénique au début de l’époque moderne. Cependant, chaque fois qu’elles ont lieu, elles posent toujours un problème de validation ou de lecture, une difficulté concernant l’autorité qu’exprime le texte. C’est la cas de Faust, puisque au lieu de lui assurer un avenir surnaturel, sa signature ouvre un espace de doute où la nature de l’autorité et de la validité est mise en question. A travers une lecture de la représentation et de la pratique des signatures dans le théâtre du début de l’époque moderne est ici examinée l’idée de l’autorité qui s’impose à Faust comme processus continu de signature et de contre-signature.

(AS)


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