PRESENTATION ET CADRAGE

Ces dernières années, la problématique développée autour de la thématique « eau » au sein du l’UMR 5045 a été plus particulièrement abordée sous l’angle des enjeux de sa gestion dans le bassin méditerranéen. Les recherches menées visent essentiellement à dégager les principales caractéristiques de la gestion et des pratiques collectives de l’eau. Elles s’inscrivent dans ce contexte et dans la dynamique de la relation « Eau, Territoires et Société ». Il ne s’agit d’étudier ni des modalités ni des régions en particulier mais de réaliser des études de cas en divers pays, afin de disposer notamment de visions à différentes échelles et d’éléments comparatifs susceptibles de permettre de dégager les principales évolutions à long terme que connaît cette relation. La perspective de recherche choisie est volontairement large, historique, géographique, économique, sociale et culturelle. Dans ce cadre, ma recherche s’organise autour de trois axes, particulièrement explorés dans un cadre international et comparatiste. La première partie de la recherche porte sur la réforme des politiques de l’eau et de leurs modalités de mise en oeuvre et ce, à différentes échelles (de l’international aux systèmes de gestion collectifs). Le deuxième axe questionne des liens entre gestion territoriale de l’eau et les processus de décentralisation politico-administratifs (intercommunalités…) et économiques (concession, gestion déléguée…) autour de ce qui est appelé comme « la bonne gouvernance de l’eau ». Enfin, un troisième point analyse la construction et les trajectoires des territoires de l’eau et de leurs (éventuelles) articulations avec les autres territoires de mobilisation liés au développement et à l’aménagement du territoire.

Ces orientations de recherche s'inscrivent dans un contexte d’évolution significatif des modalités de gestion des ressources en eau à toutes les échelles. En effet, la multiplication des enjeux liés à l’alimentation en eau potable conjuguée à la difficulté des politiques traditionnelles - fondées sur la mobilisation toujours plus grande des ressources - à faire face à ces défis a participé à la formalisation d’un discours nouveau consacré à la gestion de l’eau à l’échelle internationale. La gestion par la demande tend à supplanter la gestion par l’offre, nécessitant ainsi une nouvelle approche et de nouveaux outils. La nouvelle politique s’articule autour du thème de la rareté avec les notions de risques, de pénurie ou encore de crise hydraulique. Si les années 1980 furent marquées par les politiques d’ajustement structurel, les efforts consentis durant la décennie 1990 portent davantage sur les aspects institutionnels. Désormais, la réorganisation du secteur de l’eau et des modalités de sa gestion s’établissent dans un nouveau champ, celui de la « bonne gouvernance » s’inspirant très fortement du « Modèle français ». Ce changement enregistre ainsi le passage d’un mode de régulation plutôt centralisé et planifié vers un système plus « managérial » voulant associer l’ensemble des acteurs de l’eau, appelés aussi stakeholders. Ce nouveau référentiel issu du développement durable associe : un principe, la tarification à coût complet ; une méthode, la participation et la gestion décentralisée ; et enfin, un territoire, le bassin versant. Ces trois piliers de la « bonne gouvernance » sont censés assurer l’efficacité économique et sociale des réformes ainsi que leur démocratisation.

Concernant les terrains d’étude, les problématiques sont plus particulièrement explorées à l’échelle du bassin méditerranéen (Liban, le bassin méditerranéen occidental et France) et sur des objets géographiques tels que les espaces montagnards et les espaces péri-urbains.